Père Castor Fondateur Papa Castor Crayonivore UN CRAYON! À table les enfants ! Nombre de messages: 5527 Age: 17 Localisation: J'aimerais être là-bas ~ Date d'inscription: 18/03/2008
Un pauvre homme passait dans le givre et le vent. Je cognai sur ma vire ; il s'arrêta devant Ma porte, que j'ouvris de façon civile. Les ânes revenaient du marché de la ville, Portant les paysans accroupis sur leurs bâts. C'était le vieux qui vit dans une niche au bas De la montée, et rêve, attendant, solitaire, Un rayon du ciel triste, un liard de la terre, Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu. Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu. « Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme « Le Pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez brave homme. » Et lui fis donner une jatte de lait. Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait, Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre. « Vos habits sont mouillés, » dis-je, « il faut les étendre « Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu. Son manteau, tout mangé de vers, et jadis bleu, Étalé largement sur la chaude fournaise, Piqué de mille trous par la lueur de braise, Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé. Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières, Je songeais que cet homme était plein de prières, Et je regardais, sourd à ce que nous disions, Sa bure où je voyais des constellations.
Victor Hugo, Les contemplations, En marche, IX.
Décembre 1834.
Le poème de Bloom a été sélectionné cette semaine ^^
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La douleur infinie de celui qui reste, Comme un pâle reflet de l'infini voyage Qui attend celui qui part.
Ellana l'Envol, Pierre Bottero
Limites sans cesse repoussées Plaisir infini Écriture.
Ellana, Pierre Botterro
Plume céleste, c’est nous les cheffes. On va les tenir en laisse !
Père Castor Fondateur Papa Castor Crayonivore UN CRAYON! À table les enfants ! Nombre de messages: 5527 Age: 17 Localisation: J'aimerais être là-bas ~ Date d'inscription: 18/03/2008
C'est le poème de Mr.Lapin qui a été sélectionné cette semaine ^^
MrLapin a écrit:
Mon cartable, de Pierre Gamarra --} petite séance nostalgie sur l'école primaire ^^
Mon cartable Mon cartable a mille odeurs, mon cartable sent la pomme, le livre, l'encre, la gomme et les crayons de couleurs.
Mon cartable sent l'orange, le bison et le nougat, il sent tout ce que l'on mange et ce qu'on ne mange pas.
La figue, la mandarine, le papier d'argent ou d'or, et la coquille marine, les bateaux sortants du port.
Les cow-boys et les noisettes, la craie et le caramel, les confettis de la fête, les billes remplies de ciel.
Les longs cheveux de ma mère et les joues de mon papa, les matins dans la lumière, la rose et le chocolat.
Pierre Gamarra
voilà !
Juste une petite précision. Avec tous ces poèmes, je ne sais plus lesquelles ont déjà été sélectionné, donc si un poème se retrouve deux fois sur la Page d'Accueil, merci de me le dire ^^
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Le poème de Toffee a été sélectionné cette semaine ^^
Toffee a écrit:
Spleen
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans De vers, de billets doux, de procès, de romances, Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances, Cache moins de secrets que mon triste cerveau. C’est une pyramide, un immense caveau, Qui contient plus de morts que la fosse commune. Je suis un cimetière abhorré de la lune, Où comme des remords se traînent de longs vers Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers. Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées, Où gît tout un fouillis de modes surannées, Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher Hument le vieux parfum d’un flacon débouché.
Rien n’égale en longueur les boiteuses journées, Quand sous les lourds flocons des neigeuses années L’ennui, fruit de la morne incuriosité, Prend les proportions de l’immortalité. Désormais tu n’es plus, ô matière vivante, Qu’un granit entouré d’une vague épouvante, Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux, Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux, Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.
Charles Baudelaire
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Nefertis Nombre de messages: 164 Age: 17 Localisation: Si loin du ciel ! Emploi/loisirs: L'écriture, la lecture... le piano... et... c'est tout je crois (quelques trucs anexes mais sans importances) Humeur: Selon les nuages. Date d'inscription: 14/01/2010
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En effet, je n'ai pas encore sélectionné de poème pour cette semaine (je le fais les Dimanche d'habitude, bien que j'ai oublié le week-end dernier).
Par contre, je ne connais pas ce poème, pourrais-tu le poster ?
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Nefertis Nombre de messages: 164 Age: 17 Localisation: Si loin du ciel ! Emploi/loisirs: L'écriture, la lecture... le piano... et... c'est tout je crois (quelques trucs anexes mais sans importances) Humeur: Selon les nuages. Date d'inscription: 14/01/2010
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid! L'un agace son bec avec un brûle-gueule, L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Les fleurs du mal, spleen et idéal.
Père Castor Fondateur Papa Castor Crayonivore UN CRAYON! À table les enfants ! Nombre de messages: 5527 Age: 17 Localisation: J'aimerais être là-bas ~ Date d'inscription: 18/03/2008
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Nefertis Nombre de messages: 164 Age: 17 Localisation: Si loin du ciel ! Emploi/loisirs: L'écriture, la lecture... le piano... et... c'est tout je crois (quelques trucs anexes mais sans importances) Humeur: Selon les nuages. Date d'inscription: 14/01/2010
"Vous pouvez vivre trois jours sans pain; – sans poésie, jamais; et ceux d’entre vous qui disent le contraire se trompent: ils ne se connaissent pas." disait Baudelaire...
Chacun son truc, je préfère dire.
Nefertis Nombre de messages: 164 Age: 17 Localisation: Si loin du ciel ! Emploi/loisirs: L'écriture, la lecture... le piano... et... c'est tout je crois (quelques trucs anexes mais sans importances) Humeur: Selon les nuages. Date d'inscription: 14/01/2010
Pourrais tu mettre "un secret" de Félix Arvers, s'il te plait ??
Je l'adore :
Un secret,
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère, Un amour éternel en un moment conçu : Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire, Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.
Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu, Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire. Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre, N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre, Elle suit son chemin, distraite et sans entendre Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.
À l’austère devoir, pieusement fidèle, Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle "Quelle est donc cette femme ?" et ne comprendra pas.
Kiwoo Nombre de messages: 30 Age: 18 Date d'inscription: 14/02/2010
Sujet: Re: RandomWord Sam 20 Fév - 15:55
Je plussoie pour que ce poème soit mis... Il est magnifique *_*
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La douleur infinie de celui qui reste, Comme un pâle reflet de l'infini voyage Qui attend celui qui part.
Ellana l'Envol, Pierre Bottero
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Ellana, Pierre Botterro
Plume céleste, c’est nous les cheffes. On va les tenir en laisse !
Eusebio Nombre de messages: 106 Age: 15 Localisation: on va pas faire de petites phrases grandiloquentes : En France !! Emploi/loisirs: collégien (pff...) / en ce moment ? dormir, lire, surfer et re-dormir Humeur: fainéant Date d'inscription: 29/07/2009
Hey ! Voici un poème de William E. Henley. Ceux qui ont vu le dernier film de Clint Eastwood vont le reconnaître, c'est Invictus, le poème préféré de Nelson Mandela.
Invictus
Depuis l'obscurité qui m'envahit, Noire comme le royaume de l'enfer, Je remercie les dieux quels qu'ils soient Pour mon âme indomptable.
Dans l'étreinte féroce des circonstances, Je n'ai ni bronché ni pleuré Sous les coups de l'adversité. Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.
Au-delà de ce monde de colère et de larmes, Ne se profile que l'horreur de la nuit. Et pourtant face à la grande menace Je me trouve et je reste sans peur.
Peu importe combien le voyage sera dur, Et combien la liste des châtiments sera lourde, Je suis le maître de mon destin, Je suis le capitaine de mon âme.
Voilà un p'tit poème pour la semaine à venir ! Bye !
Bloom Nombre de messages: 354 Localisation: Là où on mon esprit décide d'être. Emploi/loisirs: Vagabonder sur des plages de mots. Humeur: Pas particulièrement, seule l'odeur de la cannelle m'émoustille. Date d'inscription: 11/04/2009
Sujet: Re: RandomWord Dim 7 Mar - 13:53
Murs, ville Et port, Asile De mort, Mer grise Où brise La brise Tout dort.
Dans la plaine Naît un bruit. C'est l'haleine De la nuit. Elle brame Comme une âme Qu'une flamme Toujours suit.
La voix plus haute Semble un grelot. D'un nain qui saute C'est le galop. Il fuit, s'élance, Puis en cadence Sur un pied danse Au bout d'un flot.
La rumeur approche, L'écho la redit. C'est comme la cloche D'un couvent maudit, Comme un bruit de foule Qui tonne et qui roule Et tantôt s'écroule Et tantôt grandit.
Dieu! La voix sépulcrale Des Djinns!... - Quel bruit ils font! Fuyons sous la spirale De l'escalier profond! Déjà s'éteint ma lampe, Et l'ombre de la rampe.. Qui le long du mur rampe, Monte jusqu'au plafond.
C'est l'essaim des Djinns qui passe, Et tourbillonne en sifflant. Les ifs, que leur vol fracasse, Craquent comme un pin brûlant. Leur troupeau lourd et rapide, Volant dans l'espace vide, Semble un nuage livide Qui porte un éclair au flanc.
Ils sont tout près! - Tenons fermée Cette salle ou nous les narguons Quel bruit dehors! Hideuse armée De vampires et de dragons! La poutre du toit descellée Ploie ainsi qu'une herbe mouillée, Et la vieille porte rouillée, Tremble, à déraciner ses gonds.
Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure! L'horrible essaim, poussé par l'aquillon, Sans doute, o ciel! s'abat sur ma demeure. Le mur fléchit sous le noir bataillon. La maison crie et chancelle penchée, Et l'on dirait que, du sol arrachée, Ainsi qu'il chasse une feuille séchée, Le vent la roule avec leur tourbillon!
Prophète! Si ta main me sauve De ces impurs démons des soirs, J'irai prosterner mon front chauve Devant tes sacrés encensoirs! Fais que sur ces portes fidèles Meure leur souffle d'étincelles, Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes Grince et crie à ces vitraux noirs!
Ils sont passés! - Leur cohorte S'envole et fuit, et leurs pieds Cessent de battre ma porte De leurs coups multipliés. L'air est plein d'un bruit de chaînes, Et dans les forêts prochaines Frissonnent tous les grands chênes, Sous leur vol de feu pliés!
De leurs ailes lointaines Le battement décroît. Si confus dans les plaines, Si faible, que l'on croit Ouïr la sauterelle Crier d'une voix grêle Ou pétiller la grêle Sur le plomb d'un vieux toit.
D'étranges syllabes Nous viennent encor. Ainsi, des Arabes Quand sonne le cor, Un chant sur la grève Par instants s'élève, Et l'enfant qui rêve Fait des rêves d'or.
Les Djinns funèbres, Fils du trépas, Dans les ténèbres Pressent leur pas; Leur essaim gronde; Ainsi, profonde, Murmure une onde Qu'on ne voit pas.
Ce bruit vague Qui s'endort, C'est la vague Sur le bord; C'est la plainte Presque éteinte D'une sainte Pour un mort.
On doute La nuit... J'écoute: - Tout fuit, Tout passe; L'espace Efface Le bruit.
Victor Hugo, Les Djinns
Nefertis Nombre de messages: 164 Age: 17 Localisation: Si loin du ciel ! Emploi/loisirs: L'écriture, la lecture... le piano... et... c'est tout je crois (quelques trucs anexes mais sans importances) Humeur: Selon les nuages. Date d'inscription: 14/01/2010
Certains aiment, d'autres n'aiment pas, mais quelque soit notre opinion, nous ne pouvons pas le mésestimer, ce chêne ombrageant aussi bien son siècle que les suivants...
Bloom Nombre de messages: 354 Localisation: Là où on mon esprit décide d'être. Emploi/loisirs: Vagabonder sur des plages de mots. Humeur: Pas particulièrement, seule l'odeur de la cannelle m'émoustille. Date d'inscription: 11/04/2009
Sujet: Re: RandomWord Dim 7 Mar - 14:00
Disons qu'il est l'un des rares poètes dont la plume a su me captiver. Et un petit autre, en prose, de Henri Michaux. Le Clown.
Un jour, Un jour, bientôt peut-être, Un jour j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers
Avec la sorte de courage qu'il faut pour être rien et rien que rien. Je lâcherai ce qui paraissait m'être indissolublement proche.
Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler. D'un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînements "de fil en aiguille" Vide de l'abcès d'être quelqu'un, je boirai à nouveau l'espace nourricier.
A coups de ridicule, de déchéances (qu'est-ce que la déchéance?), par éclatement. Par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j'expulserai de moi la forme qu'on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage Et à mes semblables, si dignes, si dignes mes semblables.
Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une immense trouille. Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m'avait fait déserter. Anéanti quant à la hauteur, quant à l'estime. Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.
CLOWN, abattant dans la risée, dans l'esclaffement, dans le grotesque, le sens que toute lumière je m'étais fait de mon importance. Je plongerai. Sans bourse dans l'infini-esprit sous-jacent ouvert à tous, ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée.